discours - retrait du Rassemblement Ecologique et Social

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Hier, à la lumière des premiers résultats, j’ai exprimé ma volonté de maintenir la liste de la gauche et de l’écologie au second tour des élections régionales. 


Depuis hier soir, je reçois des messages. Des demandes de retrait, mais surtout, des messages de soutien, des centaines et des centaines, des messages du cœur, de femmes et d’hommes à qui notre déclaration a donné de l’espoir et de la fierté, car, comme moi, ils n’en peuvent plus de l’effacement de leurs idées et de leurs valeurs.

C’est à vous, mes amis que je pense vous et mes colistiers, les militants, et je le fais le cœur gros.   


Dans la nuit, nous avons eu les résultats définitifs. L’écart entre Renaud Muselier et le candidat de l’extrême-droite est hélas plus élevé que celui qui a été annoncé dans les premières heures de la soirée et nous a mis face à nos responsabilités, de court terme et de long terme après un examen minutieux des résultats. 


Avec ces écarts et ⅔ d’électeurs qui n’ont pas voté, ce second tour en PACA est très incertain, trop incertain, et dangereux, trop dangereux.


C’est un choix déchirant qui s’est posé à nous collectivement ce midi.

Nous avons eu un débat humain, franc, personnel, émouvant.

Il a mis face à face le choix entre deux responsabilités. Celle de reconstruire la gauche à l’avenir ou de s’exposer à un péril plus grand à court terme. Au vu de cette situation, il n’y avait en vérité pas de bon choix, mais c’était ma responsabilité d’en prendre un. 

La défaite de la haine et de l’intolérance n’est pas certaine dans notre région si nous nous maintenons. Je n’ai pas le droit de jouer avec le feu, pour l’avenir de nos enfants, de nos petits enfants. 


Reconstruire et exister ou prendre le risque, même calculé ou maîtrisé, de laisser Marine Le Pen faire de Paca le marchepied de ses funestes ambitions. 

Ce ne sont pas les pressions, finalement si dérisoires, qui ont emporté la décision. C’est le souci, tourmenté, contradictoire, difficile, de l’intérêt général, un mot trop oublié de nos jours. 


Je veux m’adresser aux militants et aux femmes et aux hommes qui s’engagent dans notre région, où la droite et l’extrême-droite sont fortes. 


Peu de gens savent ce que c’est d’être seul avec son seau et sa colle, ses affiches et ses tracts à la main, pour défendre ses idées dans une vallée, dans un village, dans une ville où personne d’autre ne le fait et où cela vous vaut parfois des insultes, de la haine et beaucoup trop souvent aussi de l’indifférence. Ce sont
ces militantes et militants que je remercie du fond du cœur, que je salue, pour leur énergie, leur persévérance, leur engagement.


Il faut une passion des idées, un amour de l’intérêt général qui détonne avec la violence de notre époque. Je mesure toute leur déception, leur colère aujourd’hui et comme je le comprends ! J’en suis profondément désolé. 


Je ne suis propriétaire d’aucune voix dans cette élection.


Je sais à quel point les fronts républicains trahis et les promesses oubliées alimentent l’abstention, le sentiment que tout se vaut. 


Croyez bien que personne n’a plus de peine que moi à vous le dire ce soir, mais, aux régionales, je voterai dimanche prochain Renaud Muselier pour battre Mariani et sa triste cohorte. 


Je le ferai, car je ne veux pas voir l’extrême-droite identitaire dans les conseils d’administration de nos lycées. Je le ferai, car je ne veux pas voir les aides à l’information des jeunes sur l’IVG, la contraception, remise en cause.

Je le ferai, car je ne veux pas voir la négation du réchauffement climatique, au service des intérêts pétroliers et gaziers russes, et des politiques destructrices de notre environnement.

Je le ferai, car je ne veux pas voir la culture soumise à une sélection nationaliste des bonnes et des mauvaises œuvres comme ce fut le cas lors des expériences destructrices en 1995 de Toulon, de Vitrolles ou de Marignane, et de Hénin Beaumont, Orange, Fréjus ou Cogolin aujourd’hui. 


Je le ferai, car je ne veux pas que notre Provence devienne dans le monde un symbole d’intolérance et de haine.


Je le ferai et je sais que nous serons une majorité à le faire.


Partout, militants de la gauche et de l’écologie, nous continuerons à nous battre. Nous continuerons à nous battre pour les services publics, pour l’écologie, pour le mieux vivre. 


Camus écrivait : "Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été". Il y aura des jours meilleurs mes amis. 


Je vous remercie. 

Je rejoins la campagne